L'Ariel Atom existe ! Je l'ai rencontrÈ !
Écrit par Mac Rodgers   
26-06-2008
L'Ariel Atom existe ! Je l'ai rencontrÈ !













Tremblez†!
Amateurs de moteurs, tremblez†! L'Ariel existe†!

Tel l'archange du mÍme nom, il crache le feu de dieu depuis que Lucifer est dÈchu†!
A l'instar de la bombe, l'Ariel, c'est l'atome†! La dÈflagration qui souffle tout sur son passage, pour ne laisser dans le ciel que la lune d'Uranus, seule rescapÈe du passage du bolide sur la Terre...

L'Ariel Shakespearien enchante avec ses charmes, l'auto envo˚te avec ses chevaux†!
Plus fort que le roman de S.F. de BELIAEV, cette voiture vous propulse dans le futur ‡ une allure qui vous fait sortir les yeux de la tÍte†!

Ange accompli, c'est aussi un dÈmon ‡ part entiËre. DÈpouillÈ et terriblement efficace, c'est vÈritablement une variation de l'air qui porte en lui la puissance de l'atome...

Cette voiture...C'est l'Ariel ATOM.


En me relisant, je me demande si je ne vais pas finir par me dÈcrÈdibiliser auprËs de tous ceux qui me lisent depuis maintenant quatre annÈes. Je me demande si j'ai vraiment le droit d'Ítre si lyrique ‡ la suite de ce qui ne fut en fait que deux heures passÈes ‡ cÙtÈ et dans ce bolide...
Je ne l'ai mÍme pas conduit, Alors, quelle lÈgitimitÈ ai-je pour Ítre aussi enthousiaste†? Suis-je si expert en vÈhicule de compÈtition pour affirmer que l'Ariel est la meilleure†? Ai-je acquis sur les circuits une expÈrience qui me permettrait d'imposer mes prises de position†?

Surtout pas.

Je suis un amateur ÈclairÈ, qui porte sur les choses et les gens un regard neuf par rapport ‡ ceux dont la vitesse et l'huile sont le mÈtier.
J'ai grandi loin des culbuteurs, mais lorsque je les ai croisÈs, c'Ètait avec une maturitÈ particuliËre, aguerrie par le sport et par une vie de rencontre. Si je me sens partager quelques fois certaines choses avec S. Loeb, c'est probablement que nous avons ÈtÈ tous les deux des gymnastes performants. Mon mÈtier c'est de rÈflÈchir ‡ la faÁon dont les choses se font, celui de Sebastien, c'est de le faire de la meilleure faÁon du monde. Mais cela n'empÍche nullement le champion du monde de rÈflÈchir, ni moi, d'aimer piloter...

Tous cela pour dire que le regard que je pose sur l'Ariel n'est que le mien, qu'il n'est pas ®†mÈcanique†ÂȘ, qu'il n'est pas rationnel. Encore une fois, je n'ai pas suffisamment de points de comparaison pour Ètayer mes sensations. Je ne vous livrerai donc que cela†: mes sensations†!

Et c'est...
..Sensationnel†!


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Le style†!!!!

Simon SAUNDERS, le crÈateur de l'Ariel a rÈussi quelque chose†! Il me pousse ‡ m'interroger sur l'essence de la beautÈ... Pourquoi cet objet est-il beau†? Pourquoi est-il fÈminin†? Pourquoi impose-t-il le respect†? D' ailleurs ce n'est pas vÈritablement du respect, mais de l'attirance.

L'exubÈrance suscite le respect. La pertinence attire†!

Plus qu'Ítre rutilante, cossue, riche, l'Ariel est pertinente†! Elle semble avoir ÈtÈ construite (excusez moi, je ne peux pas faire autrement qu'employer dÈfinitivement le fÈminin) dans un but unique†: au service du plaisir de piloter.

L'Ariel est exactement comme vous la voudriez†: sportive et dÈpouillÈe. Efficace et exacte†: pertinente†!
Une femme enceinte est belle, car elle est alors l'image de sa condition†: femelle†! Elle se confond alors avec l'essence de son sexe†: elle est femme.

L'Ariel est belle, car elle est mobile. Une fois ‡ l'intÈrieur, le pilote devient une flËche sans grand-chose autour... L'Ariel est belle, car elle est Automobile. Le moindre poids, sans fioriture, pour pousser son pilote le plus franchement possible sur le goudron, pour alourdir le moins possible le moteur montÈ entre ses reins.

Tout ce qui est nÈcessaire est l‡, et bien l‡†! Une finition irrÈprochable†! MÍme le petit saute vent de 50 cm2 est efficace. La beautÈ de cette voiture, c'est sa pertinence†! Sa capacitÈ ‡ accompagner le pilote dans son dÈfi lancÈ ‡ l'air qui s'Ècoule, ‡ l'accÈlÈration qui plaque la tÍte contre le baquet, au son qui semble vouloir lui percer les oreilles...

Dans l'Ariel, il y a tout le parcours de son crÈateur qui de NORTON ‡ DUCATI en passant par ASTON MARTIN et PORSCHE, a su donner ‡ son bÈbÈ le visage que moi j'aurai donnÈ ‡ une auto faite pour aller vite†!
Ou plus exactement, la forme de la voiture dont le pilote est fait pour aller vite†!


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Ce pilote aujourd'hui, c'est Jean-Pascal BURGUET, ancien pilote de compÈtition, ce chef d'entreprise passionnÈ d'auto sportive a fait le pas en 2003. Conquis pas un essai paru dans un magazine, J.P. part en Angleterre chercher son premier engin. Le parcours pour homologuer l'Ariel en France est long et fastidieux. Depuis J.P. a acquis suffisamment d'expÈrience pour importer 10 machines par an, et permettre ainsi a dix heureux propriÈtaires de rouler avec ce missile sur route ouverte une fois les engins homologuÈs ‡ titre isolÈ.

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Comme toute chose d'exception, l'ARIEL est rare. Neuf exemplaires de la version 300cv, et un en 245cv ont ÈtÈ homologuÈs l'an dernier. Idem pour cette annÈe, neuf propriÈtaires se sont rendus acquÈreurs de la version avec compresseur qui porte la puissance du moteur HONDA Vtec 4 cylindres de 245 cv ‡ 300cv. Les circuits de commercialisation sont confidentiels, l'argent ne suffit pas. La passion et la patience sont de rigueur...A noter que l'engin ne se dÈprÈcie pas, ‡ ce titre cela peut devenir un bon investissement.

Pour ma part, je remarque qu'un des arguments en faveur de l'Ariel, c'est la facilitÈ d'utilisation et d'entretien, compte tenu du niveau de performance. En effet le bloc moteur reste une mÈcanique abordable, tant en terme d'entretien que de suivi, (mÍme si l'Èlectronique n'est plus celle d'origine.)

EquipÈe au tout dÈbut d'un moteur ROVER de 125 ‡ 160 cv, elle est maintenant servie par l'excellent moteur de la Civic Type R, aprËs qu'il ait ÈtÈ question d'y monter le HAYABUSA 1300cc de suzuki. Avec le moteur Honda de 1998cc, l'Ariel est dotÈe d'une arme irrÈsistible†: un couple phÈnomÈnal de 27m/kg. La puissance de ce bloc a ÈtÈ montÈe ‡ 300 cv par l'ajout d'un compresseur apportant 80cv pour 20 kg de plus.

Depuis, cette Ariel a encore ÈvoluÈ puisque les ingÈnieurs anglais ®†fous†ÂȘ lui ont greffÈ un V8 de 500 cv (celui montÈ dans la Caterham Russel Savory T)... Mais l‡, ne comptez plus vous en sortir avec un budget d'entretien raisonnable... Les retours en Angleterre seront frÈquents... Est-ce bien raisonnable†?...

CÙtÈ ch‚ssis, une fois encore L'Ariel est tombÈe dans un nid de fÈes. L'ensemble suspensions/amortisseur ÈtudiÈ par Ariel intËgre des ÈlÈments BILSTEIN. Ils permettent une personnalisation ‡ l'infini pour que l'engin soit adaptÈ ‡ l'usage que veut en faire son propriÈtaire. A l'usage, le confort ne rivalise qu'avec l'efficacitÈ. Franchement, je ne m'attendais ni ‡ une telle tenue de route, ni ‡ un amortissement aussi feutrȆ: c'est rigide mais doux†! Les travaux considÈrables en soufflerie ont permis de concevoir ce ch‚ssis et cette coque si efficace†: l'Ècoulement de l'air sous la voiture la rend particuliËrement stable.

CÙtÈ rÈalisation, c'est le sans faute, le ch‚ssis tubulaire est rÈalisÈ ‡ la main. Chaque vÈhicule nÈcessite ‡ ce sujet une quarantaine d'heures de travail d'artisanat de prÈcision.

PrÈcision, c'est l'idÈe qui revient et faisant le tour de la voiture pour constater que rien n'est laissÈ au hasard en terme de finition et d'ajustage.


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Mais bon... Toutes ces louanges ne sont pas le fait de l'Ètude des notices techniques. Mon go˚t s'est affinÈ au sel d'une vraie rencontre...

Cette voiture tape-‡-l'Ășil, tape aux oreilles, tape au bas ventre...

Monter dedans exige de vous que vous vous pliiez aux exigences de l'engin†: il faut enjamber le plat bord assez haut, poser un pied dans le baquet pour enfin s'allonger confortablement. Les pieds cherchent un appui... Les tubes le fourniront quand, tout ‡ l'heure, les pieds chercheront dÈsespÈrÈment quelque chose de solide pour se raccrocher au monde immobile...

Je boucle le harnais, met mon casque jet, et me rend compte qu'il va me falloir tenir solidement les bretelles pour compenser le rÈglage trop l‚che des ceintures. Je m'attends ‡ un tour de manËge, et j'anticipe que les freinages vont Ítre Èprouvants. Je croise les bras sur le harnais pour qu'il reste le plus ajustÈ possible.

ManĂșuvre... L'Ariel n'est pas fait pour Ítre maniable. C'est le revers de la tenue de cap probablement. Tiens†! Je n'ai pas parlÈ du moteur†! C'est vrai qu'il est particuliËrement discret. Le bruit est un doux feulement de fauve apprivoisÈ. Le chat sauvage sait se tenir.

Jean-Pascal discute avec moi tranquillement, nous Èchangeons nos compliments sur cette rÈgion du sud d'AngoulÍme o˘ les collines sont boisÈes et les routes petites et tortueuses. Le revÍtement n'est pas bon. Pourtant ‡ l'allure o˘ nous roulons le confort est tout a fait acceptable et je vois bien que le train avant sursaute sur les inÈgalitÈs du goudron. Pourtant JP maintient la voiture facilement en ligne, mÍme si je sens la concentration toujours prÈsente. L'Ariel se conduit ‡ deux mains sans jamais l‚cher le volant†! La spÈcificitÈ du spectacle c'est la vue imprenable sur le travail du magnifique train avant ‡ double triangulation.

A 100/110 km heure depuis quelques minutes, je commence ‡ me dÈtendre et oublier tout ce que je sais sur la bombe dans laquelle je suis assis...

Et puis, JP abaisse sa visiËre...La bombe explose†!

Virage sec sur la gauche, en mÍme temps que j'aperÁois un virage encore ‡ gauche qui arrive de plus en plus vite, ma tÍte est soudain collÈe au baquet. Pas de freinage pour passer. Je n'ai mÍme pas vu, ni senti le virage... Juste le dÈplacement des masses, la tÍte qui balance. Tout de suite un autre virage a droite cette fois-ci, pris ‡ la mÍme vitesse invraisemblable pour une voiture ®†normale†ÂȘ... Et puis c'est tout droit†! Il appuie†!†J'oublie tout, car pour l'heure, j'ai les roustons au fond du slip†! Tout le monde a ÈtÈ ‡ Disney land et connait les sensations d'accÈlÈration des grands manËges...Ca dure 2 secondes et vous savez qu'il y a des rails...HÈ bien l‡, Áa dure...dure...Et sans rails†: dur†!dur†! On a d˚ passer la premiËre aiguille ‡ gauche ‡ 30 km/h et on a accÈlÈrÈ non stop pendant 2 ‡ 3 kms je pense...

DËs les premiËres secondes, LE truc que j'attendais†: le sifflement du compresseur ! Divin†! C'est un bruit qui fait de vous une extension du moteur. Celui-ci vous invite par le bruit ‡ participer ‡ son effort, ‡ partager sa libÈration vengeresse, agressive. Il y a de la violence dans ce concert. C'est une catharsis dÈlicieuse†! Le moteur en position transversale, juste devant le train arriËre est ‡ quelques centimËtres de vos reins, c'est terriblement sensuel et brutal, la voiture vous parle, vous hurle aux oreilles que vous n'avez pas fini ®†d'en prendre†ÂȘ.

Combien de secondes pour atteindre les 200 km/h†? C'est Ènorme†! Je vois juste l'aiguille dÈpasser un chiffre rond que JP a dÈcidÈ de me faire go˚ter au freinage des 4 doubles disques ventilÈs et rainurÈs de 290mm ÈquipÈs d'Ètriers ALCON.

Qui a dit que l'Ariel freinait mal†?

Au moment o˘ ma tÍte peut enfin dÈcoller du baquet c'est pour me retrouver le menton dans la poitrine, cramponnÈ aux ceintures, que j'ai par bonheur ajustÈes en croisant les bras. Et Raffffhhhhhhouuuuuu†! La voiture repart dans le sifflement dÈmoniaque du compressor... Nous sommes repartis ‡ 50 en 3Ëme...Quel couple†! Quelle souplesse†! Quelle puissance†! A 180km/h la diode des 8000t/mn s'allume, le son est dÈmoniaque†! Tout redevient normal, je peux enfin remuer la tete, parler ‡ JP... Mais quoi lui dire†?...

Encore†?

Encore†!

J'arrive ‡ discipliner mon regard et je profite du jeu de pÈdalier de mon pilote, le pied droit moitiÈ sur le frein et l'accÈlÈrateur... Je regarde aussi le demi-train avant et la roue qui frÙle l'herbe sur le bord de la chaussÈe. La tenue de route est irrÈprochable†: le pont auto bloquant derriËre et les trains roulants high tech devant font merveille. Ce n'est pas Ètonnant que sur circuit seule la Maserati V12 fait mieux en terme d'efficacitÈ.

Pour finir, le tour de manËge s'achËve... Et je me rÈgale de savoir que JÈrÙme va avoir droit ‡ la mÍme chose que moi†: partager cela est une rÈcompense.


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C'est dit†! L'Ariel est une voiture exceptionnelle. Bolide d'exception, de par ses performances ahurissantes, objet d'exception, du fait de sa raretÈ et de son exclusivitÈ.

Ici, un concept est poussÈ ‡ l'extrÍme†: un moteur, quatre roues, rÈunis sur un ch‚ssis dÈpouillÈ. AjoutÈ ‡ de la haute technologie et une finition exemplaire, c'est la recette pour proposer au final un des vÈhicules les plus convoitÈs par les amateurs d'engin hors norme.

Attention pourtant†! Dans la famille des super cars, l'Ariel Atom est vraiment atypique. Ne comptez pas Ítre sÈduit par des arguments que certains autres constructeurs mettent en avant, tels le design, le confort, l'agrÈment de conduite... Ici, c'est la recherche du meilleur rapport poids/puissance qui prime, l'objectif Ètant la recherche des sensations les plus sportives possibles.

A ce titre, il y autant d'Ècart entre l'Ariel et une Porsche Cayenne, qu'entre une moto sportive et l'Atom. L'Ariel est une interface bien plus directe et inconfortable avec la route que ne le sont la plupart des sportives d'Èlite. Pourtant, les sensations ressenties ‡ bord, n'ont rien ‡ voir avec celles que procurent la moto. Il ne s'agit pas de chevaucher un moteur et de le piloter en dÈplaÁant son poids en Èquilibre sur deux roues. Il s'agit bien d'Ítre ®†poussȆÂȘ par un moteur, assis devant un volant, dans un engin au centre de gravitÈ le plus bas possible, et de piloter, avec la direction, des masses qui sont rÈparties en fonction des trajectoires et de la puissance disponible.

De ce fait, l'Ariel Atom, se rapproche peut Ítre plus du concept de ®†buggy de poche†ÂȘ que de n'importe quel autre concept automobile. C'est probablement la raison de mon engouement si fort et si immÈdiat pour cette diva.


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Textes : FranÁois Rouger (Mac Rodgers)
Photos :
JÈrÙme Prin (Yellow dwarf)

(Article 34 du 26/06/2008)