2Ëme "EL BORMA 1000" - 25/10 au 08/11/2007
08-03-2008
2Ëme ´ EL BORMA 1000 ª
RAID BUGGY
2 5 octobre - 8 novembre 2007

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Voici enfin la deuxiËme Èdition de ce raid tant apprÈciÈ l'annÈe derniËre. La recette reste identique : dÈcouverte des paysages variÈs du Grand Sud Tunisien avec road book, navigation et bivouac. Un go˚t d'aventure mais sans compÈtition acharnÈe.

Bien que le parcours soit particuliËrement adaptÈ aux buggys, les quads restent les bienvenus et plusieurs d'entre eux ont souhaitÈ profiter de l'ambiance conviviale de cet ÈvÈnement.


DEPART ET LIAISON

Pour la plupart, retrouvailles au port de Marseille avec chacun son buggy en remorque. Pour les autres, ils nous rejoindront directement par avion au dÈpart du raid. Ils ont choisi de faire acheminer leurs machines par l'organisation.

AprËs une traversÈe de la MÈditerranÈe agitÈe, nous touchons enfin le sol Tunisien. L‡, les douaniers nous aident gentiment ‡ adopter le rythme local. Cette annÈe, ils ne savent plus ce que sont des buggys : pas vraiment des quads mais pas tout ‡ fait des voitures... Ils mettent des heures ‡ se dÈcider pour finalement nous autoriser ‡ passer sans le moindre contrÙle !

Maintenant, il nous faut rallier les ´ Portes du dÈsert ª ‡ 500 Km au sud. Cette liaison est certes longue mais pas pour autant une corvÈe. En Tunisie, dÈpaysement garanti : le carburant est ‡ prix d'ami. Les panneaux de limite de vitesse sont uniquement dÈcoratifs. Les mobs de mon adolescence ne sont pas encore remplacÈes par des scooters et la police de la route interrompt sa patrouille pour me fÈliciter de ma prÈpa moteur !

JOURNEE PREPARATION - DOUZ

Avant d'attaquer les choses sÈrieuses, un jour de rÈpit nous est accordÈ ‡ l'hÙtel Sahara. C'est l'occasion de renouer avec les vieilles connaissances qui attendaient avec impatience le retour du raid. Les mieux prÈparÈs s'exercent dÈj‡ dans les dunes toutes proches. Pour ma part, je mets ‡ profit le superbe camion atelier et le dÈvouement des organisateurs pour finaliser la mise au point de mon buggy. Toujours est-il qu'en fin de journÈe, toutes les machines sont fin prÍtes pour affronter le dÈsert.

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ETAPE 1 - DOUZ / EL FAOUAR / LEGTAAYA - ´ LE CHOTT ª

Cette annÈe, la majoritÈ des participants sont des rÈcidivistes de la prÈcÈdente Èdition. Alors, aucune apprÈhension au matin de cette 1Ëre Ètape, plutÙt de la dÈtermination teintÈe d'impatience.

Tout d'abord, dÈcouverte du Chott. Selon le dico, c'est un lac temporaire. Nous y avons surtout vu une grande Ètendue lunaire o˘ l'eau se cache sous quelques centimËtres. Ici il ne faut jamais quitter les traces sous peine de s'enfoncer profondÈment dans le sable humide. Difficile de doubler dans ces conditions. Nous apprenons aussi ‡ Èviter les infranchissables dunes blanches constituÈes de sable extrÍmement fin. Il faudra attendre le hors piste et la navigation pour que les groupes se distancent. Un buggy pÍchera mÍme par excËs de confiance puisqu'il restera seul quelques heures en panne d'essence ! Il faudra tout le talent de Michel pour le rÈcupÈrer dans l'obscuritÈ totale. DÈfinitivement trop tard pour profiter le l'apÈro sous la tente BerbËre mais encore ‡ temps pour un sympathique repas traditionnel.

ETAPE 2 - LEGTAAYA / ZMELA

J'avais oubliÈ la magie de se rÈveiller ‡ l'aube au milieu de nulle part. Pas de tÈlÈphone, de tÈlÈ, ni d'internet. Juste du sable ‡ perte de vue... et la console de jeux de Maxime dËs le lever !

Le briefing nous promet notamment le passage par des cafÈs du dÈsert et une rapide visite du parc national. Mais l‡, je n'ai pas bien pu me rendre compte. Un problËme mÈcanique bÈnin dËs les premiers kilomËtres retarde notre petite Èquipe. AprËs une rÈparation de fortune, nous croyons pertinent de rejoindre le raid directement au nouveau bivouac par le chemin le plus court. Un raccourci qui nous fera arriver ‡ prËs de minuit ! Pas facile de dÈcoder ‡ la faible lueur de nos phares une piste qui disparaÓt systÈmatiquement sous les dunettes. Ensuite, pour corser l'affaire, il nous faudra remorquer un des nÙtres. Cette fois, trop tard pour le repas. Les organisateurs inquiets nous guettaient mais les cuisiniers BÈdouins dorment.


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ETAPE 3 - ZMELA -AIN SBATT - ZMELA - ´ LES DUNES ª

Aujourd'hui descente par la vallÈe puis retour par un impressionnant cordon de dunes avec possibilitÈ ‡ tout moment de s'en Èchapper pour rejoindre ‡ nouveau la vallÈe. Cette grande boucle doit nous ramener ‡ notre campement d'origine en tirant un cap au plus court au travers des dunes.

Malheureusement une partie se dÈcouragera presque immÈdiatement face aux difficultÈs d'un sable peu porteur et d'un vent inhospitalier. Le reste du groupe quand ‡ lui finira par renoncer ‡ contre coeur suite ‡ de nouveaux ennuis mÈcaniques. Dommage, l'idÈe Ètait pourtant sÈduisante.

ArrivÈe au campement de bonne heure pour tous. Le reste de cette journÈe ÈcourtÈe sera mise ‡ profit pour mÈcaniquer les buggys les plus ÈprouvÈs et rÈviser les autres. A la tombÈe du jour, nous devrons nous rÈsoudre ‡ la triste nouvelle. Mosquito, le buggy de StÈphane, ne repartira pas.

ETAPE 4 - ZMELA / TATAOUINE / CHENINI - ´ TOURISME ª

Un oasis typique tel qu'on l'imagine, une Ètonnante Ètendue d'eau au cúur des dunes que l'on prend un instant pour un mirage, encore quelques dromadaires puis, progressivement, le dÈsert de sable laisse place au dÈsert de pierre. On passe de l'Erg au Reg. De grandes pistes roulantes sans grand piËge permettent d'abattre rapidement les kilomËtres. Les paysages se font plus variÈs et la population moins rare. Les villages troglodytiques typiquement BerbËres se nichent au cúur des montagnes o˘ il se confondent avec la roche.

Pour finir, le bitume nous mËne ‡ TATAOUINE suffisamment en avance pour fl‚ner dans les souks et envoyer quelques cartes postales avant de rejoindre le bivouac.

ETAPE 5 - CHENINI / KSAR GHILANE - ´ GRANDS ESPACES ª

La nuit a ÈtÈ difficile : Sol caillouteux, froid glacial, chants des coqs insomniaques, appel tonitruant ‡ la priËre... Cette tour blanche au sommet des ruines toutes proches est donc bien un minaret en activitÈ ! Un copieux petit dÈjeuner au village berbËre de CHENINI s'impose. Un guide propose au groupe une visite guidÈe. Sans rancune et d'un commun accord le dÈpart de l'Ètape est retardÈ.

Finalement, le road book reprend ses droits. Nous rattrapons le temps perdu en roulant fort sur des pistes faÁons Baja. Nos buggys ne sont plus que des poussiËres perdues dans l'immensitÈ. Ces dÈcors grandioses, aux allures de western, procurent un incomparable sentiment de libertÈ.


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JOURNEE DE REPOS - ´ L'OASIS ª

Sommeil rÈparateur et lever tardif. Puis chacun occupe sa fin de journÈe ‡ sa maniËre : ballade au fort romain, visite de la palmeraie, bain dans la source d'eau chaude, tour de manËge gÈant avec Serge en camion d'assistance, utilisation sans retenue des sanitaires...

Mais l'oasis mythique de KSAR GHILANE a perdu un peu de son charme depuis que rÈcemment il est accessible par route goudronnÈe. Curieux dÈcalage que ces valises ‡ roulettes 3Ëme age qui croisent les paquetages de baroudeurs revenant de plusieurs jours de dÈsert.

Alors, l'ensemble des participants dÈcide spontanÈment d'une randonnÈe nocturne pour un dÓner authentique au campement de ZMELA situÈ 20 Km plus loin.

ETAPE 5 - KSAR GHILANE / DOUZ - ´ SAUVETAGES ª

Le chemin de la civilisation est logiquement une zone de grand passage. Pas Ètonnant donc d'y croiser autant de monde. D'abord, une caravane de bÈdouin avec qui nous troquons quelques instants nos montures respectives. Ils finiront par nous confier un jeune blessÈ en passager. Leurs dromadaires mettent 3 jours ‡ ralier la ville alors que nous y serons dans quelques heures.

Plus tard, ce seront des quads que nous aiderons ‡ venir ‡ bout d'une crevaison. Nous prÍterons aussi main forte ‡ d'autres bÈdouins ensablÈs avec un pick-up ‡ bout de souffle. Mais la solidaritÈ fonctionne dans les 2 sens puisqu'un camion d' ´ assistance usine ª n'hÈsitera pas ‡ se dÈtourner pour s'assurer que nous ne sommes pas en panne.

Enfin, les lumiËres de Douz sont ‡ portÈe de vue, ce qui ne m'empÍchera pas de m'ensabler en beautÈ et de peiner longuement pour en sortir. Sans doute une volontÈ inconsciente de ne pas quitter les dunes si tÙt !


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JOURNEES D'ATTENTE ET RETOUR

Cette annÈe, le hasard du calendrier nous contraint ‡ attendre ‡ Douz le moment de repartir en France. C'est l'occasion de partager la vie des Tunisiens : thÈ ‡ la menthe en terrasse, discussions impromptues en pleine rue, rasage chez Hafed le barbier, commandes chez Sadok le cordonnier, massage au Hammam, expÈdition ‡ la recherche de roses des sables...

L'accueillant restaurant de Magic devient le point de ralliement de tout le raid. Lui, et son compËre Ali, nous y accueillent en amis et nos moindres souhaits sont satisfaits dans une Èternelle bonne humeur.

Nous les quittons, presque une larme ‡ l'úil, les bras chargÈs de leurs cadeaux et la tÍte pleine d'agrÈables souvenirs.

CONCLUSION

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Des cafouillages dans la communication et une faible participation laissaient prÈsager une Èdition mÈdiocre. Il n'en est rien. Bien au contraire, l'efficacitÈ des organisateurs sur le terrain s'est rÈvÈlÈe redoutable.

Michel FABRE a su tenir compte des suggestions recueillies l'annÈe derniËre auprËs des participants pour nous concocter un raid rÈussi. Le rythme moins soutenu cette annÈe, avec des Ètapes d'au maximum 150 Km, a laissÈ de la place pour la dÈcouverte et la rencontre.

A l'heure o˘ les buggys augmentent en gabarit et en cylindrÈe, la EL BORMA 1000 reste un des rares moments o˘ le pilote et la machine peuvent s'exprimer pleinement. On ne peut que souhaiter longue vie ‡ ce raid et espÈrer que les prochaines Èditions rassemblent le nombre d'inscription mÈritÈ.

Textes : FrÈdÈric BENEDETTI (Nuts06)
Photos
: Laurent MAIN (Mad Max 06)