Carter Interceptor GTR 250 : la Sym(der) mobile
Écrit par Mac Rodgers   
10-06-2007
Carter Interceptor GTR 250 : la Sym(der) mobile

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Au BPAF nous pensons que des engins ‡ la taille contenue, animÈs par un moteur de cylindrÈe raisonnable, ont un avenir certain dans le segment du ÂŽ buggy de poche ÂȘ. Il faut pour cela que la machine reste vive et alerte, au comportement ÂŽ fun ÂȘ mais sÈcurisant, et dĂ­une construction sÈrieuse qui augure dĂ­une bonne fiabilitÈ.

Force est de constater que peu de machines peuvent Ítre estampillÈes ÂŽ irrÈprochable ÂȘ vis-‡-vis de ces deux critËres. A nous de positionner ce nouveau buggy sur notre Èchelle de valeur.
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Ce nouveau modËle de buggy qui sera commercialisÈ via la sociÈtÈ DISALCO, est nÈ díune collaboration entre deux grandes entreprises .Une marque amÈricaine installÈe depuis longtemps sur le segment du buggy : la CARTER, et une enseigne taÔwanaise, la SYM, bien connue pour líexcellence de ses moteurs.

De fait, ce modËle assemblÈ en Chine, mais conÁu par les amÈricains et motorisÈ par la SYM, tranche en terme de qualitÈ perÁue si on le compare avec certains buggies chinois qui circulent. Peinture, assemblage, visserie, qualitÈ des matÈriaux et des pÈriphÈriques sont des paramËtres tendant ‡ donner confiance.

On sort du buggy chinois pour ÂŽ toucher ÂȘ au buggy taÔwanaisÖ La marche est perceptible. Sera-t-elle salutaire ?

A l'arrÍt

Il sĂ­agit dĂ­un buggy de taille ÂŽ raisonnable ÂȘ compte tenu de ce que nous avons vu derniËrement. Avec 150 cm de large ‡ lĂ­avant, et 162 cm ‡ lĂ­arriËre pour les trains roulants, lĂ­ensemble est ÈquilibrÈ, et le look rÈussi. Toutefois, lĂ­arriËre Ètant plus large que lĂ­avant, cela donne un aspect un peu lourdaud au buggy vu de profil. Rien de grave ! Car les plastiques noirs relËvent avantageusement la ligne de lĂ­engin, et les phares ÈquipÈs dĂ­ampoules europÈennes (enfin !) soulignent lĂ­identitÈ du buggy en lui donnant une bouille particuliËre. Bref, pour le look, cĂ­est plutÙt rÈussi.

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CÙtÈ technique

photo05.jpgLe train avant ressemble beaucoup ‡ celui du PGO, cíest un Mac Pherson conventionnel qui remplit son office sur díautres buggies avec bonheur.

Reste quíici les roues sont plus hautes (23x7x10) et que les contraintes seront donc supÈrieures.

A líarriËre, il síagit de doubles triangulations servies par des amortisseurs de grande taille, qui rendent les roues complËtement indÈpendantes.

La transmission est assurÈe par une chaÓne en sortie díinverseur (celui-ci est intÈgrÈ au moteur) qui entraÓne le diffÈrentiel (on dirait plus un visco-coupleur) dans lequel les cardans sont emboÓtÈs.

Ce choix, transmission primaire par chaÓne et secondaire par cardan, est un peu compliquÈ, mais est dÈj‡ utilisÈ sur nombre díengins sans reproche particulier.

 

 


Le freinage est assurÈ par des disques ‡ líavant (les grandes roues permettent díen loger un de dimension correcte) et líarriËre est ÈquipÈ díun disque unique de bonne taille qui agit sur líarbre.

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Le moteur
Ce buggy est animÈ par un moteur 250cc qui est ‡ la hauteur de sa t‚che : cíest celui montÈ par SYM dans nombre de ses quads. Il est de bonne facture, le variateur est bien ventilÈ. Cíest ce monocylindre qui est líenjeu de la collaboration SYM/CARTER. Líinverseur est intÈgrÈ au bas moteur, la commande se fait par une tringle reliÈe ‡ un levier entre les siËges. Dommage que celle-ci soient mal guidÈe et ait nÈcessitÈ plusieurs rÈglages sur notre engin díessai.

Franchement, ce moteur, cíest la bonne surprise sur cet engin ! Cela change des blocs propulseurs chinois poussifs et peu performants. On a affaire ici ‡ un engin aux prestations dynamiques qui sont comparables ‡ celles rendues par le Kymco Èquipant le PGO BR 250.

Reste que le refroidissement est confiÈ ‡ un radiateur montÈ en position latÈrale et quíil est assez dÈventÈ. MÍme si díautres engins sont montÈs ainsi et níont pas connu de problËme de chauffe (BR250 mono place), on aurait prÈfÈrÈ que la sonde soit reliÈe ‡ un cadran permettant de lire la tempÈrature plutÙt quíau voyant de surchauffe sur le compteur de vitesse.

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L'environnement
Il faut admettre que cĂ­est l‡ que le GTR fait fort. LĂ­embarquement, et surtout la sortie du vÈhicule, sont rendus un peu difficile par la ceinture de caisse assez haute. Mais en contre partie, la sÈcuritÈ est optimale, puisque les bras sont ÂŽ ‡ lĂ­intÈrieur ÂȘ des arceaux. On ne peut pas tout avoir, et certains se trouveront quelque peu ÂŽ gÍnÈs ÂȘ par cette limitation aux coudes. La commande du starter sous le siËge : parfait ! Les warning sous le tableau de bord avec une vraie commandeÖ Le tableau de bord complet, avec un compte tour intÈgrÈ au compteur de vitesseÖCĂ­est largement plus que ce que nous proposent habituellement les chinois.
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Líengin est ÈquipÈ díune boule díattelage et díun vaste porte bagages pouvant charger 100 kg, bon point. Et mÍme si líalignement níest pas parfaitement respectÈ, le montage de líensemble donne confiance.













La visserie est toute en qualitÈ 8/8, et les plastiques, ainsi que nombre díÈlÈments sont de qualitÈ alternative par rapport ‡ ce que nous connaissons. Les graisseurs, pas tous accessibles hÈlas, sont europÈens, les soudures (en tout cas les plus visibles) sont polies, la peinture paraÓt de qualitÈ. La fixation des garde-boue est sÈrieuse et pÈrenne, les jantes en alu sont rutilantes. Certains branchements Èlectriques sont ÈquipÈs de boÓtiers ÈtanchesÖ Beaucoup díindices concourent ‡ prouver que ce buggy est bien de conception taÔwanaise plutÙt que chinoise.

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Pourtant, certains dÈtails nous sautent aux yeux et sont en complËte rupture avec le sentiment de qualitÈ perÁue jusquíalors. Tout níest pas rose, certains caoutchoucs de protection ont tendance ‡ tenir en force, le frein a main sera vite inopÈrant vu sa conception (comme sur beaucoup de buggies asiatiques) et la belle boÓte ‡ air est complÈment inaccessible sans forcer, du fait de son positionnement sous le porte bagages. Le filtre ‡ air, cíest pour la vie ?

Autre point noir : Le rÈservoir díessence trapÈzoÔdal de 18l en position basse derriËre le siËge est díun remplissage malaisÈ. Mais surtout le robinet díessence dont il est ÈquipÈ est placÈ trop bas, prËs de la route. Il se cassera lors de notre essai, accrochÈ par les hautes herbes ou par une motte de terreÖDommage, car les gros pneus mixtes ‡ líarriËre (25x10x10) donnent ‡ líengin une garde au sol tout ‡ fait apprÈciable de 24 a 26 cmÖ Seul le sabot de protection de la couronne/diffÈrentiel descend ‡ 18 cm.

En route !
Nous sommes tous impatients de monter ‡ bord, et une fois installÈs, nous retrouvons une ambiance ÂŽ buggy de poche ÂȘ satisfaisante. Les siËges sont rÈglables dĂ­avant en arriËre, Je trouve facilement ma place. Le volant, ‡ lĂ­aspect flatteur, tombe bien dans la main. HÈlas, le siËge est dÈj‡ ‡ fond, et je ne mesure que 1.68 mÖ Y a-t-il des asiatiques plus grands que moi ? Parce quĂ­ici, cĂ­est chose couranteÖ Il faut que le levier de commande dĂ­inverseur soit au point mort pour dÈmarrer. Pourquoi pas ? Sur notre engin dĂ­essai, la tringle de commande de lĂ­inverseur, reliÈe au levier entre les siËges, est mal rÈglÈe, alors que la commande en elle-mÍme, paraÓt douce et efficace. Le compteur intËgre un voyant de point mort et marche arriËre ainsi que le compte tour. Dommage quĂ­il ne soit pas plus visible. Le contacteur allume automatiquement les phares en position ÂŽ veilleuse ÂȘ. Le coupe circuit est un bouton ‡ retour : impossible de lĂ­oublier en position ÂŽ off ÂȘ, bon point ! A noter : le passager pourra Ítre gÍnÈ par le bloc de commande du frein ‡ main, dont les angles sont un peu trop saillants.

On tourne la clef et le bruit du moteur est prometteur. Un peu trop prÈsent au go˚t de certains, mais personnellement jíaime assez quand le bruit est joli, et l‡ il líest ! Pas de claquement de vilebrequin et autre bruit mÈcanique inquiÈtant.

Le moteur est trËs vif, le buggy dÈmarre comme une balle si on le lui demande ! Sur le bÈton de lĂ­atelier, les roues arriËre crissent ‡ lĂ­accÈlÈration ! Celle-ci est franche et plaisante, la vitesse de pointe GPS de 72 km/h est rapidement atteinte, et le buggy semble ÂŽ limitÈÂȘ ‡ cette vitesse sans que le moteur ne force. Au niveau du bruitÖPar contre il y a du ÂŽ dÈg‚t ÂȘ. Sans silentbloc sur les supports moteur, les vibrations sont transmises au ch‚ssis et des bruits parasites deviennent vite gÍnants et peu rassurants. Le pot est lui aussi montÈ ÂŽ en direct ÂȘ sur ses pattes de maintienÖ Nous espÈrons que cela est liÈ au fait que nous avons affaire ici au modËle prÈsÈrie dĂ­essai.

Líengin est particuliËrement volontaire. Nous franchissons sans difficultÈs majeures un terrain vÈritablement dÈfoncÈ par les engins de travaux publics. Le diffÈrentiel ne nous empÍchera jamais de passerÖ Une butte se dresse devant nous ? Quí‡ cela ne tienne ! Cíest un dÈfi relevÈ par le SYM ! Il monte une butte de plusieurs mËtres au del‡ de 45∞! Seuls les pneus mixtes semblent lui imposer certaines limites.

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Par contre, cÙtÈ maniabilitÈ, líengin est desservi par un rayon de braquage de mammouth ! De plus, ‡ haute vitesse, le train avant flotte considÈrablement. Nous dÈcidons de faire quelques rÈglages, car ce train avant níest pas mal conÁu ! Les impressions sont trop prÈsentes pour Ítre normalesÖEffectivement, le train avant est complËtement dÈrÈglÈ sur notre engin díessai, et il existe mÍme une erreur significative de centrage entre le train arriËre et avant. Nous mettrons facilement cela sur le compte de la rapiditÈ avec laquelle SYM a mis líengin ‡ notre disposition dËs rÈception par avion Ö Des rÈglages et ajustements sont nÈcessaires.

CÙtÈ ballade, ce buggy tient toutes ses promesses. Le confort est trËs satisfaisant, le comportement est sain, le freinage efficace. Les rÈtroviseurs (pourquoi ne sont-ils pas en plastique noir mat ?) remplissent leur rÙle. Franchement, dans cette rubrique, cíest un sans faute, líengin est facile ‡ prendre en main, il se conduit facilement l‡ o˘ líon veut le conduire. Seul le rayon de braquage obligera ‡ jouer de líinverseur.

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Il semble trËs facile de le conduire de maniËre plus ÂŽ sportive ÂȘ, car la puissance du moteur aidant, le buggy en appui arrive ‡ dÈraper sur la terre malgrÈ le diffÈrentiel. Cela se produit graduellement et reste tout ‡ fait contrÙlable : cĂ­est ce quĂ­on demande ‡ ce genre dĂ­engin !
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Conclusion
CĂ­est s˚r, il existe une vÈritable diffÈrence entre ce buggy et beaucoup de matÈriels asiatiques. Le standard taÔwanais est un cran au-dessus du chinois Ö. Cela se ressent surtout au niveau du moteur. Celui du Sym nous rÈconcilie avec lĂ­espoir de pourvoir se satisfaire dĂ­une cylindrÈe raisonnable. Cela permet de contenir les engins dans une taille et donc un poids qui donne au buggy tout son caractËre ÂŽ fun et sympa ÂȘ

Toutefois nous ne pouvons pas dire au contact de ce matÈriel de prÈsÈrie, si lĂ­essai va Ítre transformÈ : il reste trop de dÈfauts importants ‡ rÈsoudre (rÈglage pour grand pilote, guidage tringle dĂ­inverseur, rÈglage train avant, vÈrification symÈtrie ch‚ssis, accessibilitÈ filtre ‡ air, sÈcuritÈ rÈservoir, silentblocsÖ) avant que nous puissions rÈpondre positivement ‡ la question initiale : le Carter Sym GTR 250 est-il un ÂŽ bon ÂȘ buggy de poche ?

Le menu est allÈchant, et nous ne doutons pas que SYM a les moyens de transformer líessai pour les machines futures, proposÈes ‡ la vente autour de 5000 Ä!

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Textes : FranÁois Rouger (Mac Rodgers)
Photos : SÈbastien Billard (Sebilly)


(Article 23 du 23/05/2007)